Habiter le présent

01.03.26 - 28.02.27

La Façana, l’espace extérieur de Lo Pati, accueille la série audiovisuelle Habiter le présent, un cycle conçu par Houari Bouchenak et Xavier de Luca, de Jiser Reflexions Mediterrànies. Cette série, qui comprend une installation artistique sur la place et six œuvres vidéo — allant du documentaire au cinéma expérimental en passant par l’essai —, invite les spectateurs à réfléchir sur la représentation du paysage.

Le Centre d’Art Lo Pati présente une nouvelle édition de la série audiovisuelle de La Façana dans son espace d’exposition en plein air. Intitulé « Habiter le présent », le programme 2026 propose un parcours à travers diverses pratiques artistiques contemporaines liées à la Méditerranée, explorant les notions de temps, de mémoire, de territoire et de déplacement. Six œuvres audiovisuelles d’artistes internationaux, qui travaillent à la croisée du cinéma expérimental, de la vidéo, du cinéma d’essai et de l’animation, seront présentées, ainsi qu’une installation artistique sur la place.

Le contexte sociopolitique actuel, oscillant entre l’apparent et le caché, constamment nourri par notre passé personnel et collectif, nous oblige de plus en plus à prendre conscience du paysage dont nous faisons partie, qu’il soit territorial ou issu de notre imagination, et qu’il soit dogmatique, impérial, libéral ou superflu. Le cycle « Habiter le présent » naît précisément de cette préoccupation quant à notre rôle de « témoins » et présente six œuvres audiovisuelles qui explorent la relation entre le présent et les traces du passé, entre le mouvement et la permanence, entre le visible et ce qui reste hors de notre champ de vision. Les œuvres sélectionnées abordent sous différents angles des thèmes tels que la mobilité, les frontières, la mémoire collective et la relation entre les individus et leur territoire. À travers des langages oscillant entre le documentaire, le cinéma expérimental et l’essai visuel, les artistes invitent le spectateur à une expérience contemplative qui relie le paysage physique au paysage intérieur.

Programme

‘Wahab’  de Toni Serra *) abu ali
Mars – Avril

Réalisé en 1994, Wahab est une œuvre emblématique de la vidéo expérimentale. Dans ce film, un sac poubelle emporté par le vent dans une rue de Tanger se transforme en une chorégraphie éphémère, tandis qu’une musique égyptienne accompagne ses mouvements. L’œuvre transforme un geste quotidien en une expérience poétique et invite à réfléchir sur la beauté du hasard et la fragilité de l’instant présent.

Toni Serra *) abu ali (Manresa, 1960–Barcelone, 2019) a été une figure majeure de la vidéo expérimentale en Espagne. Son œuvre oscille entre le cinéma d’essai, la philosophie et la réflexion spirituelle, avec une forte influence de la culture islamique et de la poésie visuelle.

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‘The Artist and the Stone’ de Matteo Guidi & Giuliana Racco
Mai – Juin

Ce projet explore les tensions entre mobilité, citoyenneté et contraintes géopolitiques à travers le parallèle établi entre le déplacement d’un artiste palestinien vers l’Europe et le transport d’un bloc de pierre de 22 tonnes de la Cisjordanie à Barcelone. L’œuvre met en lumière les paradoxes des systèmes de contrôle contemporains et invite à réfléchir sur les frontières et les limites qui conditionnent la circulation des personnes.

Matteo Guidi (Italie, 1978) est un artiste et anthropologue installé à Barcelone. Giuliana Racco (Canada, 1976) est une artiste plasticienne qui travaille le dessin, la photographie, la vidéo et l’installation. Ensemble, ils ont mené des projets à la croisée de l’art et de l’anthropologie et ont exposé dans des institutions et des musées en Europe, en Amérique et en Asie.

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‘Bab Sebta’ de Randa Maroufi
Juillet – Août

Bab Sebta reconstitue des scènes observées à Ceuta, enclave espagnole en Afrique du Nord que traversent chaque jour des milliers de personnes et qui est le théâtre d’un intense commerce informel de marchandises.

Le film utilise des scènes chorégraphiées pour montrer les dynamiques de mouvement et les stratégies de survie qui se déroulent dans cette zone frontalière.

Randa Maroufi (Casablanca, 1987) est une artiste plasticienne et cinéaste installée à Paris. Son travail explore la représentation de l’espace urbain et les dynamiques sociales à travers des formats hybrides, à mi-chemin entre le documentaire et la fiction. Ses œuvres ont été présentées dans des institutions telles que le musée Reina Sofía ou le New Museum de New York.

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‘The Flowers Stand Silently, Witnessing’ de Theo Panagopoulos
Septembre – Octobre

Cet essai cinématographique prend son point de départ de la découverte d’archives cinématographiques écossaises contenant des images de fleurs sauvages palestiniennes. À partir de ce matériel, le film propose une réflexion sur le rôle de l’image en tant que témoignage de l’histoire et en tant qu’instrument potentiel de violence symbolique. L’œuvre établit un lien entre le paysage, la mémoire et le colonialisme visuel.

Theo Panagopoulos (Athènes, 1995) est un cinéaste et chercheur d’origine gréco-libano-palestinienne installé en Écosse. Son œuvre explore la mémoire collective, le déplacement et les identités fragmentées. Son film a été présenté dans des festivals internationaux tels que Sundance et a été nominé aux BAFTA.

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‘Ombra‘ de Pauline Alioua
Novembre – Décembre

Ombra propose un parcours visuel entre absence, mémoire et perception à travers des images qui oscillent entre le réel et l’onirique. L’œuvre construit un paysage émotionnel fait d’espaces vides, d’objets abandonnés et de fragments de territoire.

Pauline Alioua (1986) est une photographe et artiste visuelle installée à Marseille. Son œuvre, influencée par le langage cinématographique, allie narration visuelle et poésie pour explorer la relation entre le corps, le paysage et les émotions.

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‘Land Day / الأرض (Al Ard)’ de Basel Nasr
Janvier – Février 2027

Land Day évoque les événements survenus en Palestine au mois de mars de l’année de l’Intifada, mettant en scène le lien entre la terre et la mémoire collective. À travers l’animation, l’œuvre met en lumière les conflits, les blessures et les souvenirs liés au territoire, invitant à une réflexion sur l’histoire, la résistance et la préservation de la mémoire culturelle et sociale.

Basel Nasr est un designer et producteur palestinien spécialisé dans l’animation, l’illustration et le design interactif. Après avoir étudié l’architecture à l’université de Birzeit et l’animation à l’UCLA, il a lancé plusieurs projets et initiatives éducatives visant à promouvoir le développement de l’animation en Palestine.

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